L’astrologie holistique
Ce que je vais développer maintenant correspond en partie à l'apport de l'astrologie karmique qu'utilisent bon nombre d'astrologues actuels à la suite d'Edgar Cayce, mais est surtout la spécificité de l'astrologie holistique telle que l'enseignent Pierre Lassalle et Brigitte Maffray. Cette école envisage l'astrologie de manière globale, à la fois dans ses dimensions humaines (elle sera tout autant psychologique, que spirituelle et karmique), mais aussi dans sa lecture et son analyse (l'image formée par le thème est symbolique ; elle parle comme une image de tarot, et chaque élément significatif peut en être retrouvé plusieurs fois en cours d'analyse sous des aspects différents, selon la loi des analogies qui montre clairement que tout est dans tout).
I - LES MODÈLES ET LES CONFIGURATIONS :
Les concepts de modèle planétaire ou de configuration d'aspects sont spécifiques à l'astrologie holistique. Ils font intervenir un élément visuel, fondamental dans l'interprétation car parlant directement à l'intuition, déclenchant le ressenti du cœur, qui est à la base de toute consultation en astrologie holistique.
Comme nous l'avons monté en première partie, un thème astrologique se monte en plusieurs étapes.
On prend d'abord la toile de fond, qui est la roue zodiacale généralement obtenue toute faite, soit sur des feuilles préimprimées, soit posée selon l'orientation désirée à l'aide d'un tampon encreur (cette solution me paraît meilleure, cil elle permet de s'assurer d'avoir toujours le signe ascendant à gauche, bon départ pour le clin d'œil général qui va suivre).
Puis on y dessine les pointes des maisons, à l'aide de traits extérieurs au cercle, afin d'éviter de surcharger l'intérieur qui sera occupé par les relations d'aspects.
Enfin, on commence à placer les planètes, après avoir calculé pour les plus rapides leur position exacte en fonction de l'heure de naissance.
C'est alors que se détermine le « modèle planétaire ». Avant tout autre tracé, il s'agit de repérer comment se groupent les planètes : sont-elles agglomérées dans le même secteur, et lequel ? Sont-elles également réparties tout autour de la roue, ou occupent-elles seulement la moitié du cercle, ou encore les trois quarts ? L'une d'elles est-elle isolée face aux autres réunies ? Sont-elles plusieurs groupes à se faire front ? Quelle est celle qui « mène » les autres, la première d'une série à se lever sur l'horizon ? Toutes ces questions sont importantes et permettent de caractériser l'énergie du sujet, sa répartition, ses forces et ses faiblesses.
Quelques exemples de modèles : locomotive, éventail, grappe, seau, éclaboussure, trépied, balançoire, bol... Vous voyez que les termes parlent d'eux-mêmes et je suis sûre que vous devinez la forme qu'ils représentent.
Voici, à partir du livre de Pierre Lassalle "Pratique de la Nouvelle Astrologie" (édition de 1987, chez De Vecchi) le schéma des "modèles" possibles. Vous voyez que l'on n'envisage pour cela que les planètes (représentées ici aléatoirement par des petits ronds), et qu'il s'agit de repérer leur disposition plus ou moins serrée, en groupes, ou isolée. Pierre Lassalle indique généralement la planète qui prend de l'importance en raison de sa position dominante : c'est celle qu'il appelle "leader"ou "apex", ou encore "singleton" si elle fait face seule à tout un groupe, et "conductrice" pour la locomotive (en raison du sens de rotation de la roue zodiacale).
C'est ensuite que l'on passe au tracé des aspects, très progressif puisqu'on les évalue au regard, en partant successivement de chacune des planètes du thème. C'est la partie graphique du travail, qui se fait crayon en main avec les couleurs et la règle, et je dirais même sa partie « plastique », car l'importance du coup d'œil est telle en astrologie holistique qu'on va même jusqu'à colorier certains secteurs, notamment des signes ou des planètes, pour les mettre en relief et mieux les repérer.
Je pense que vous le comprendrez aisément si vous avez observé certains thèmes parus dans les revues spécialisées d'astrologie : c'est parfois si confus, si enchevêtré que l'on se demande comment le pauvre interprète peut y lire quelque chose ! (Notamment, je le souligne, pour les thèmes dressés par ordinateur). C'est alors que, mélangeant le principal et l'accessoire, s'attachant aux analyses de détail qui sont souvent peu éclairantes, ils parviennent à de grosses erreurs : j'en ai fait souvent l'expérience hélas... Il est facile de prendre pout prétexte au succès d'une vedette qu'elle a telle position planétaire, alors que le fils de mon concierge a exactement la même.
On dresse donc les aspects principaux, avec les couleurs appropriées, et ensuite on regarde le - ou les - dessin(s) obtenu(s). Là plusieurs cas sont possibles.
Vous pouvez tomber sur un thème où aucune figure ne se dessine franchement... Cela fait généralement penser à une personne qui se situe au début d'un cycle d'évolution, et dont les énergies sont relativement anarchiques. Un gros travail de prise de conscience peut alors s'avérer nécessaire, car c'est lorsque les énergies se disciplinent, qu'elles prennent en principe des directions cohérentes au regard.
Il peut arriver aussi qu'une partie des aspects soit anarchique, tandis que par ailleurs, on distingue quelques configurations classiques bien connues, telles que : le T-carré, le triangle rectangle, le triangle mineur. C'est un cas très fréquent, qui indique plutôt une personne prête à se remettre en question, à travailler sur soi, car elle possède déjà une perception assez aiguë des difficultés qu'elle souhaite résoudre.
Dans le cas du triangle rectangle par exemple, on est en présence d’un conflit déjà rencontré dans ure existence passée (représenté par l'opposition formant l'hypoténuse ou base de la figure), et qui se trouve négocié ou en voie d'être résolu par l'intervention de la planète venue se positionner au sommet du triangle (qui ne forme que des aspects positifs avec les deux planètes des bords).
Le travail est ainsi facilité : on n'a qu'à retrouver le point d'appui déjà disponible, parfaitement évident pour l'astrologue.
Dans ces croquis toujours extraits des ouvrages de Pierre Lassalle, vous voyez les planètes schématisées par des ronds, et la aspects cette fois tracés : en pointillés, les aspects négatifs (ou dissonants), en trait plein, les aspects positifs (ou harmoniques).
Pour le cas du T-carré, c'est une configuration très fréquente au point qu'il y en a parfois plusieurs dans un même thème ; mais elle est entièrement dissonante car formée d'une opposition, et de deux carrés (ce qui dessine géométriquement un triangle en forme de demi-carré). Il ne faut pas la redouter, car elle focalise souvent le karma principal de la personne, sous la forme d'un problème d'ensemble aisément identifiable.
Les aspects pris en considération sont entièrement négatifs cette fois, et la planète nommée "focus" est celle qui reçoit la plus grande tension (le trait plein ajouté entre elle et le centre du cercle est une simple indication quant à sa position centrale par rapport au conflit des deux autres).
Le triangle mineur par contre est une configuration très agréable, n'apportant à son possesseur que satisfactions dans le secteur concerné : il s'agit généralement d'une qualité déjà bien acquise par le passé. et sur laquelle la personnalité peut s'appuyer pour progresser.
Là encore la "focus" concentre les énergies, mais cette fois ce sont des énergies totalement positives.
Enfin on peut trouver des configurations beaucoup plus élaborées et, comme vous le verrez, très imagées. Elles sont souvent le reflet de personnalités magnétiques ayant déjà effectué un chemin spirituel dans des vies passées, en voie d'acquérir une bonne maîtrise d'elles-mêmes et qui ont quelque chose de particulier à transmettre.
Cependant on ne peut guère généraliser, car de grands guides spirituels comme Jean-Paul II et Sathya Saï Baba se retrouvent parfois avec un thème simplissime présentant un minimum d'aspects, montrant par 1à que leur destinée est sans détour . seule une dissonance centrale indique le labeur incontournable à fournir.
Voici quelques exemples de ces configurations : la pyramide, le cerf-volant, voire l'étoile de David (rarissime), le rectangle mystique, l'enveloppe, le bateau, les ailes d'oiseau, apportent un charisme certain et beaucoup d'aisance dans la vie à cause des nombreux aspects facilitateurs qu'elles comportent. Cependant ils incluent tous aussi quelques aspects dissonants formant la charpente de la figure, qui prouvent que sans défi l'existence n'a pas sa raison d'être. Sri Aurobindo avait deux pyramides dans son thème, signe d'une grande réalisation et d'une belle harmonie intérieure.
La "pyramide" (ou "grand triangle") est un bel aspect formé de trois trigones (application possible du modèle "trépied"); sa variante est le "cerf volant" (un triangle mineur s'ajoute à une base), souvent généré par le modèle "éventail". Et l'"étoile de David", trop parfaite pour être bien souvent rencontrée, représente un triangle mineur à chacune des trois bases, ajoutant une seconde pyramide à la première... Le modèle correspondant est "l'éclaboussure".
Ici encore "l'enveloppe" est une variante du "rectangle mystique", y ajoutant un triangle mineur, et donc une pyramide depuis la base. Configurations très harmonieuses et équilibrées, le rectangle mystique représentant une application possible du modèle "balançoire".
La figure initiale, de gauche, représente une "tente" dans ce sens, ou un bateau si on inverse l'image (comme pour la figure de droite). Celle de droite en est une variante (voir ci-dessous), qui ajoute la tension d'un "T-carré". A gauche on a une application possible du modème "bol", à droite une application possible du modèle "seau".
Très jolies configurations, où deux trigones (pour le grand modèle) ou deux sextiles (pour le petit modèle) viennent "négocier" la tension générée par les deux carrés.
La maison, le yod, le voilier, le poisson sont des configurations demandant plus d'effort et de remise en question, mais où l'énergie circule de façon assez raisonnée pour que le succès s'en suive. Karl Gustav Jung avait une maison, ce qui suggère l'effort de toute une vie, mais aussi le génie d'un bâtisseur.
A gauche, la "maison", structure complexe dont les murs sont deux carrés posés sur un sextile : le triangle mineur qui forme le toit indique le résultat de l'effort fourni. De même à droite, avec le "poisson", la belle pyramide posée sur une "enclume" (voir ci-dessous) montre le trésor que l'on exprime après le rude travail exigé par la problématique de l"enclume".
Le "yod" est une configuration puissante, puisqu'il existe une tension extrême entre la base harmonique (un sextile) et la planète du bout qui y est reliée par deux "quinconces". Cependant la tension est encore plus forte dans sa variante le "boomerang" (voir ci-dessous), où l'énergie est renvoyée vers une planète centrale, opposée. (Dans l'image de gauche, ne pas tenir compte des pointillés du centre qui ne sont là que pour la géométrie).
Enfin l'enclume, la croix cosmique et le boomerang sont particulièrement magnétiques, leurs dissonances créant un dynamisme puissant. Ainsi Charles de Foucauld avait une croix cosmique dans son thème, signe non pas de son appartenance à la foi chrétienne, mais de son aptitude à changer totalement de vie au cours de son existence, au risque du sacrifice d'une large part de lui-même.
Tandis que l'enclume voit ses deux puissants carrés négociés par un sextile et un trigone (mais l'énergie ramassée rend le travail difficile, d'où la nécessité de trouver une "issue" en face, que seul le "poisson" réalise vraiment), la "croix cosmique" (souvent résultat d'un modèle "quadruplet") présente quatre T-carrés en tension les uns avec les autres, et se trouve beaucoup plus difficile à vivre (heureusement en général il existe d'autres aspects négociateurs qui s'y ajoutent, toutes les planètes n'étant pas comprises dans ce schéma).
à
suivre...
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